Voilà le temps de m’adresser à vous dans une période plus sombre pour le monde du QUAD.

Cela fait déjà deux mois que la Fédération Québécoise des Clubs Quads travaille à supporter les efforts du Gouvernement pour faire appliquer les mesures imposées pour enrayer la pandémie de la COVID 19. Nous avons tout d’abord fermé, avec beaucoup d’hésitation, tous les sentiers fédérés du Québec ainsi que nos bureaux tout en maintenant en télétravail certains de nos permanents essentiels pour se préparer à un retour normal ou tout au moins à un semblant de normal. Il n’y a pas eu une journée ou votre CA et la Direction Générale faisaient des pressions auprès de nos répondants du Ministère des Transports du Québec (MTQ) afin de reprendre les activités au sein de nos Clubs. Je dois admettre que mon ton n’a pas toujours été agréable avec nos interlocuteurs du ministère mais ma patience a des limites et je ne pouvais me contenter d’une réponse négative sans explications car après tout, nous ne sommes pas en poste pour faire plaisir à nos fonctionnaires mais bel et bien pour défendre les intérêts de nos membres.

Étant très proactifs, nous avons déposé un plan structuré et adapté aux différentes directives afin de se conformer aux nouvelles réalités pour reprendre nos activités de façon progressive et sécuritaire tant pour nos clubs que pour leurs membres et cela avant même l’annonce du plan de déconfinement de nos élus. Notre plan fit l’objet d’éloges de nos divers contacts aux deux paliers gouvernementaux et nous aidera certainement à obtenir la reconnaissance du palier fédéral. Suite à ce dépôt, le MTQ nous a assuré de son soutien et qu’il acheminerait le dossier à l’autorité concernée dans les plus brefs délais. Nous étions satisfaits de la réponse et attendions avec impatience l’autorisation de procéder avec notre plan en fonction du protocole suggéré.

Très confiant et satisfait du travail accompli par le personnel de la FQCQ, c’est avec beaucoup de déceptions et d’interrogations que j’ai reçues le communiqué de presse annonçant la reprise de certaines activités de loisir et sportives. Quoique j’étais très heureux d’apprendre la reprise des activités de plein air tel que le canot, le kayak, l’escalade, le golf avec voiturette et même l’équitation, il m’a été impossible de comprendre pourquoi la pratique du Quad ne faisait pas partie de ces activités.
Le quad se pratique à l’extérieur, nous sommes habillés de la tête aux pieds, nous portons des cagoules, des masques et des casques avec des visières. Nous avons des gants même en été, rien de mieux pour se protéger et éviter la propagation des microbes. Un quadiste est certainement plus protégé qu’un gars à cheval ou que des golfeurs se déplaçant en voiturette électrique. En général les quadistes sont seuls sur leur véhicules ou accompagnés d’un membre de la famille. Les sentiers sont nombreux, il est rare de rencontrer du monde dans un même secteur. La distanciation en quad est de rigueur et notre protocole de déconfinement progressif assurait une surveillance garantissant ainsi le respect des procédures établies.

Forts de tous ces arguments, je ne m’explique pas que malgré le fait qu’il y a près de 400,000 VHR d’enregistrés au Québec, que nous ayons un ‘’membership’’ d’approximativement 46,000 adeptes (qui ne sont pas tous sur les sentiers en même temps) que nous contribuons de façon substantielle au développement économique du Québec et que nous ayons produit un plan respectant toutes les préoccupations de nos élus, nous ne soyons pas reconnus comme faisant partie de la solution. Pourquoi avons-nous été ignorés ? – Notre plan n’était-il pas satisfaisant? Impossible… – Est-ce que les décideurs préfèrent jouer au Golf plutôt que du faire du Quad? J’espère sincèrement que non… – Est-ce que nos interlocuteurs auprès du MTQ nous ont menti? Je ne pense pas… – Y a-t-il un problème de communication entre nos décideurs? C’est possible considérant la multitude d’intervenants… – Devons-nous utiliser d’autres recours pour être reconnu? Nous sommes prêts… Peu importe la réponse, nous sommes en droit de connaître la raison pour laquelle nous devons encore attendre et nous ferons tout ce qui est possible pour être partie prenante dans la reprise des activités de loisirs acceptées.

Bref, c’est avec un sentiment d’amertume et une certaine rage au cœur que je vous laisse sur ces mots mais soyez assurés que nous ne lâcherons pas et que bientôt, on se croisera dans nos sentiers.

Réjean Blouin, président de la FQCQ

Courtoisie – InfoQuad